lundi 14 septembre 2015

Paris en vers et contre tout

Bonsoir, aujourd'hui un peu de poésie pour égayer la grisaille de l'automne naissant. Je connais encore mal Paris - d'autant plus que je loge dans la banlieue - mais voici quelques poèmes dépeignant d'aimable et plaisante manière la capitale. Commençons par un extrait intitulé Paysage, tiré des Tableaux Parisiens de Charles Baudelaire (1821-1867), paru dans le recueil Les fleurs du Mal.
Boulevard Montmartre, effet de nuit par Camille Pissarro (1897)
Je veux, pour composer chastement mes églogues,
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues,
Et, voisin des clochers, écouter en rêvant
Leurs hymnes solennels emportés par le vent.
Je verrai l'atelier qui chante et qui bavarde ;
Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité,
Et les grands ciels qui font rêver d'éternité.
Il est doux, à travers les brumes, de voir naître
L'étoile dans 1'azur, la lampe à la fenêtre,
Les fleuves de charbon monter au firmament
Et la lune verser son pâle enchantement.
Je verrai les printemps, les étés, les automnes ;
Et quand viendra l'hiver aux neiges monotones,
Je fermerai partout portières et volets
Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais.
Alors je rêverai des horizons bleuâtres,
Des jardins, des jets d'eau pleurant dans les albâtres,
Des baisers, des oiseaux chantant soir et matin,
Et tout ce que l'Idylle a de plus enfantin.
L'Émeute, tempêtant vainement à ma vitre,
Ne fera pas lever mon front de mon pupitre ;
Car je serai plongé dans cette volupté
D'évoquer le Printemps avec ma volonté,
De tirer an soleil de mon cœur et de faire
De mes pensers brûlants une tiède atmosphère
Le Bal du moulin de la Galette par Auguste Renoir (1876)
Un poème de Rolande Causse, romancière, professeur et poétesse, née en 1937, elle a publié aussi bien des ouvrages pour la jeunesse que des livrets d'opéra. Voici sa vision de la Seine, telle qu'elle serpente à Paris.

La dormeuse

La Seine courbe son corps
D’une peau de pierre usée.
De l’île Saint Louis à l’île de la Cité
Bat le cœur de la frileuse dormeuse.
Son visage d’onde, Ophélie enchantée.
Ses bras s’étendent aux boulevards animés,
Ses mais, aux longs doigts fragiles comme des rues,
Se délassent avec langueur du tohu-bohu.
Le bois de Boulogne enserre sa chevelure.
La Petite Ceinture cerne sa monture.
Yeux fermés, souffle adouci,
Courant léger, nuit de Paris.
L'automne, bord de Seine près de Bougival par Alfred Sisley (1873)
Un court poème d'André Salmon (1881-1969), poète, romancier et critique d'art qui raille gentiment les nombreux noms religieux des rues et lieux dits parisiens.

Au gré des rues et des quais

Saint-Placide
Priez pour nous
Saint-Germain-des-Prés
Priez pour nous
Saint-Denis
Priez pour nous
Notre-Dame-de-Lorette
Priez pour nous
Trinité
Sainte Trinité
Priez pour nous
Saint-Lazare
Priez pour nous
Saint-Antoine
Priez pour nous
Saint-Paul
Priez pour nous
Notre-Dame-des-Champs
Priez pour nous
Saint-Georges
Priez pour nous
Madeleine
Sainte Marie-Madeleine
Priez pour nous

- Et Réaumur, mon père ? Et Marboeuf ? Et Nation ? 

Et une prestation de Joséphine Baker dans les années cinquante
pour conclure en chanson, à bientôt !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire