vendredi 2 janvier 2015

Bienvenue

Bonjour et bienvenue en 2015, pour débuter cette nouvelle année, je profite de la page blanche pour vous faire les vœux d'usage, souhaitant à tous mes lecteurs et lectrices - ainsi qu'à toutes les personnes à qui j'ai envoyé mes vœux par d'autres réseaux de communications et qui ne les auraient pas bien reçus - d'excellentes surprises et la réalisation des projets qui leur tiennent à cœur pour les prochains mois.
En ce qui me concerne, outre la recherche de travail, je prépare un concours de bibliothécaire, aide à l'organisation d'un nouveau spectacle de talents débutants qui aura normalement lieu cet automne à Lyon, et espère aussi trouver le temps de me rendre en Allemagne, rafraîchir ma langue et visiter l'est du pays que je ne connais pas encore. J'ai encore une foule d'autres projets à concrétiser, et sans doute que nombreux sont ceux qui sont dans le même cas, douze mois ne suffisent pas, en général à planifier tout ce dont on rêve le soir de l'an !
Pour ce qui est du blog, je continuerais de le tenir à jour, toutefois, ayant d'autres projets d'écriture en cours, et la rédaction de mes posts me demandant un certain temps, je ralentis un peu mon rythme de production et ne posterais plus qu'un article tous les dix jours ou deux semaines.
Pour débuter le mois de janvier en beauté, voici un texte de 1916 questionnant l'utilité du réveillon et le passage du temps, rédigé par Antonio Gramsci (1891-1937), écrivain et théoricien politique - il fut membre fondateur du Parti communiste italien - trouvé à cette adresse. http://dormirajamais.org/gramsci-2/
pendule en bronze doré époque Louis XVI
"Chaque matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c’est pour moi la nouvelle année. C’est pourquoi je hais ces nouvel an à échéance fixe qui font de la vie et de l’esprit humain une entreprise commerciale avec ses entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour l’exercice à venir. Ils font perdre le sens de la continuité de la vie et de l’esprit. On finit par croire sérieusement que d’une année à l’autre existe une solution de continuité et que commence une nouvelle histoire, on fait des résolutions et l’on regrette ses erreurs etc. etc. C’est un travers des dates en général. On dit que la chronologie est l’ossature de l’Histoire; on peut l’admettre. Mais il faut admettre aussi qu’il y a quatre ou cinq dates fondamentales que toute personne bien élevée conserve fichée dans un coin de son cerveau et qui ont joué de vilains tours à l’Histoire. Elles aussi sont des nouvel an. Le nouvel an de l’Histoire romaine, ou du Moyen Âge, ou de l’Époque moderne. Et elles sont devenues tellement envahissantes et fossilisantes que nous nous surprenons nous-mêmes à penser quelquefois que la vie en Italie a commencé en 752, et que 1490 ou 1492 sont comme des montagnes que l’humanité a franchies d’un seul coup en se retrouvant dans un nouveau monde, en entrant dans une nouvelle vie. Ainsi la  date devient un obstacle, un parapet qui empêche de voir que l’histoire continue de se dérouler avec la même ligne fondamentale et inchangée, sans arrêts brusques, comme lorsque au cinéma la pellicule se déchire et laisse place à un intervalle de lumière éblouissante.
escalier en colimaçon, abbaye de Melk Basse-Autriche
Voilà pourquoi je déteste le nouvel an. Je veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle. Chaque jour je veux faire les comptes avec moi-même, et me renouveler chaque jour. Aucun jour prévu pour le repos. Les pauses je les choisis moi-même, quand je me sens ivre de vie intense et que je veux faire un plongeon dans l’animalité pour en retirer une vigueur nouvelle. Pas de ronds-de-cuir spirituels. Chaque heure de ma vie je la voudrais neuve, fût-ce en la rattachant à celles déjà parcourues. Pas de jour de jubilation aux rimes obligées collectives, à partager avec des étrangers qui ne m’intéressent pas. Parce qu’ont jubilé les grands-parents de nos grands parents etc., nous devrions nous aussi ressentir le besoin de la jubilation. Tout cela est écœurant."
La joueuse de luth par Artemisia Gentileschi (1609)
Et pour conclure en musique, je vous propose cet assortiment de cymbales,
suivi d'un chant de début d'hiver que j'espère clément et ensoleillé pour tous et toutes, à bientôt !

2 commentaires:

  1. Bonjour Ismène. Il y a un moment que je n'étais pas venue lire ton blog. Merci pour ce texte de Gramsci ! Et bonne année encore une fois même si cette coutume tient encore peut-être par superstition autant que par convivialité.

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    1. Superstition ou non à nouveau bonne année à toi aussi ;)

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