dimanche 18 août 2013

Voyage terrestre, voyage livresque

Bonsoir, de retour à Lyon après quelques semaines de voyages, je vous livre cette brève note pour redémarrer en douceur mes activités de blogueuse qui reprendront pleinement début septembre. J'ai profité de mes congés pour me couper un peu d'internet et du portable - en particulier à cause du manque d'offres d'emplois en août et de quelques soucis téléphoniques, des appels réceptionnés de numéros inconnus dont il me fut impossible de joindre les correspondants. Il y a quelques jours, j'étais donc en Allemagne, de retour à Freiburg-im-Brisgau, en touriste cette fois. Le temps était bon, j'ai pu visiter les périphéries de la ville, la campagne et les montagnes environnantes que je n'avais pas eu le loisir de découvrir durant mon premier séjour, accaparée par mon travail universitaire.
Ci-dessus une vue du Schauinsland, un sommet proche de la ville recouvert de bois de feuillus et d'épineux denses, sombres et touffus où je suis allée randonner. Tout y est merveilleusement tranquille, j'ai même pu observer des biches traversant des pâturages, des ruches de montagne et le plus grand arbre d'Allemagne, un pin âgé de cent ans, mesurant soixante-trois mètres de haut et assez large pour être entouré par les bras de plusieurs personnes.
Voici ensuite mon voyage livresque de cet été, intense et déroutant, Les jardins statuaires de Jacques Abeille, publié pour la première fois en 1981, un texte somptueux, roman d'aventure, fable poétique et pleine d'inventivité.
A une époque indéterminée, un voyageur solitaire aborde une étrange contrée formée de domaines clos, isolés les uns des autres. Sur cette terre poussent des statues, sortant de terre, proliférant comme des plantes vivaces, parfois envahissantes et difformes que des communautés d'hommes jardiniers entretiennent avec grand soin. On pénètre avec lui dans ce pays, dans les demeures des jardiniers et l'on découvre une société fascinante, aussi secrète que repliée sur elle-même où l'on consigne les récits des vies dans de vastes parchemins sans cesse remaniés, où les statues apportent parfois des maladies, des présages et messages divinatoires, où les femmes vivent séparées des hommes dans des labyrinthes végétaux ou des maisons closes. Un univers s'étendant vers de vastes steppes peuplés de bergers et de guerriers nomades qui sous l'impulsion d'un chef venu de nulle part vont se préparer à entrer en guerre contre les jardins statuaires. La grande originalité de ce récit est de présenter un monde en pleine mutation, la communauté des jardiniers connait de profonds bouleversements lorsqu'arrive le narrateur et l'on découvre avec lui l'ordre ancien qui y règne tout autant que les prémisses et les acteurs, hommes et femmes - ces dernières prenant une importance de plus en plus capitale avec l'avancée du récit - du changement de cette civilisation. Il y a parfois quelques longueurs dues à des réflexions sur l'écriture par exemple, mais l'ensemble du texte envoûte le lecteur dès les premières lignes :) 
Terminons par une admirable performance de la danseuse russe Polina Semionova sur un morceau du compositeur allemand Herbert Grönemeyer. A bientôt !

2 commentaires:

  1. Voilà ! Je passe en coup de vent ...
    Je reviendrai c'est sûr ! ....
    Bon , c'est gentil de trouver mes commentaires pertinents parceque j'ai parfois du mal avec l'écriture ..... Et en plus je suis assez border line , donc parfois ça peut déranger mes propos zarbi .....
    Je reviens pour lire et regarder ....

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  2. De rien ,j'aime aussi beaucoup les photos de votre site, très lumineuses, revenez quand vous voudrez :)

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