dimanche 10 mars 2013

Escale en jeunesse

Bonsoir, cette semaine j'étais partie en vacances visiter des proches et ai lu à cette occasion quantité d'histoires à mes petits-cousins. Je vous livre donc cette courte note sur deux livres jeunesse si vous voulez faire découvrir de la bonne littérature aux enfants de votre entourage.
L'un des derniers albums de Claude Ponti Bih-Bih et le Bouffron-Gouffron sorti en 2009 est un véritable régal de précision et de justesse, une histoire épatante dotée comme toujours chez cet auteur d'un graphisme riche qui emprunte à diverses sources et de multiples références à l'histoire de l'art.  
La petite Bih-Bih et le champignon Filifraïiime sont les derniers êtres vivants avalés par le Bouffron-Gouffron, gigantesque et hideux croqueur de planètes.
Atterris au fond de l'estomac du monstre, les deux complices débutent une longue quête, parcourant les débris de la terre à la recherche de la première goutte de pluie jamais tombée qui aurait le pouvoir de reconstituer l'essence de leur planète, la libérer du Bouffron-Gouffron.
Ponti a eu dans ce livre l'ingénieuse idée de faire parcourir à ses personnages les vestiges de toutes les civilisations de notre monde portés à différentes échelles. On croise ainsi le château de Neuschwanstein devenu aussi petit qu'un fruit, les Cariatides survolant les vestiges du Machu Pichu. Quand à l'esprit de la terre, il se trouve être un énorme dragon chinois - tête, ventre et pattes fragmentés puis réunis - faisant sans doute allusion à la légende asiatique selon laquelle cette créature mythique serait la matière originelle de notre monde.  
A lire et relire attentivement pour saisir tous les détails des planches et parvenir à prononcer certains néologismes dont l'auteur est très friant !
La série bd Toto l'ornithorynque scénarisée par Yann est tout aussi parfaitement conçue pour un jeune public. Les tribulations de ce groupe de petits animaux - ornithorynque, koala, chauve-souris, etc - à travers la jungle australienne sont sympathiquement dialoguées, sans temps mort et prennent sous le trait plein aux couleurs chatoyantes du dessinateur Eric Omond des allures d'envoutantes peintures aborigènes. Ci-dessous, une peinture australienne contemporaine d'un artiste aborigène.
Je serais bientôt de retour avec des notes plus longues et écrirais peut-être d'avantage sur le cinéma, en attendant n'oubliez pas la force et l'influence de certaines oeuvres destinées aux enfants qui essaiment parfois très loin de leur contexte originel. Cette chanson de Jefferson Airplane, White Rabbit compare par exemple le voyage et les transformations qu'expérimente Alice dans le pays des merveilles au trip sous LSD.
 
Salutations psychédéliques, à la semaine prochaine ^^

2 commentaires:

  1. Je connais moi aussi "Bih-Bih et le Gouffron-Bouffron"...que j'ai lu à mes petits enfants l'an passé. Précisément à cause de ses nombreuses références culturelles, je me demande si ce n'est pas un livre plus pour les adultes que pour les enfants...J'adore les livres pour enfants qui s'adressent aux adultes,j'en remplirais ma bibliothèque si elle n'était pas encombrée de multiples choses sans intérêt...J'ai par exemple adoré "Victor Hugo s'est égaré"!J'ai acheté en B.D. les contes du chat perché volume 1, d'Agnès Maupré. Il y a deux contes seulement, "La patte du chat" et "le canard et la panthère".Les dessins sont de belles teintes et très expressifs, aussi drôles que le texte de Marcel Aimé. Mais curieusement les enfants d'aujourd'hui dans la tranche qui me semble pouvoir apprécier l'humour, disons 10 -12 ans, ne semblent pas apprécier. Sans doute encore un livre pour les adultes!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il m'a semblé que les petits aimaient bien "Bih-Bih", ils m'ont demandé de le leur lire, même s'ils n'en saisissent pas toutes les références. C'est ça qui est chouette avec Ponti, on a autant de plaisir à lire enfant qu'adulte !

      Supprimer